Chapelles de Pénitents

Les Confréries de Pénitents étaient des associations de fidèles qui avaient choisi de se regrouper, à l'instar des corporations de métiers, dès le XIIème siècle. Elles se sont ensuite développées sous l'impulsion de Saint François.

 

Leurs engagements étaient alors multiples :

 

- en priorité la louange en commun selon un calendrier détaillé, d'où la nécessité d'avoir une chapelle distincte de l'église paroissiale.


- ensuite, se mettre au service des démunis : nécessiteux, malades, familles de défunts, prisonniers... en leur procurant une assistance matérielle et spirituelle.


- éventuellement se mettre à la disposition du clergé paroissial, mais le plus souvent au service de l'ordre religieux qui avait favorisé leur installation (franciscains, dominicains...).


En conflit parfois avec le clergé local, qui ne s'est pas empressé pour favoriser leur reconstitution, les confréries sont tombées en désuétude après la période révolutionnaire : l'objet même de leurs services ayant été peu à peu remplacé par les pouvoirs publics : hôpitaux civils, pompes funèbres, surveillants de prisons. Demeure l'essentiel pour les fidèles : la prière.


Les deux confréries valréasiennes constituent à ce jour, par leur survivance, l'une des 60 exceptions en France continentale (sur les 2.000 confréries environ qu'elle comptait en 1789). Elles perpétuent leurs vocations dans leur chapelle respective :

 


Chapelle des Pénitents Noirs (Grande Rue)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'intérieur est constitué d'une nef unique, d'un choeur surélevé de 3 marches sous lequel se trouvent 3 cryptes. Le choeur est occupé par un grand retable dédiée à Notre-Dame des Miracles (tableau central et petits médaillons latéraux) ; l'autel, encadré de 2 portes, est muni d'un rare tabernacle pivotant. Au dessus des portes, 2 tableaux évoquent l'Annonciation. L'ensemble, daté (1726) et signé (Mésangeau ébéniste de Bollène), se trouve dans un état médiocre. La table de communion qui ferme le choeur est de même époque, de même qu'une rare crédence d'autel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérieur de la Chapelle des Pénitents Noirs

 

Deux toiles sont dignes d'intérêt :


- dans la nef à gauche, une composition du flamand Van Banken (1579-1649) qui a beaucoup oeuvré en basse vallée du Rhône ; il s'est illustré ici par un retour du Temple, de la Sainte-Famille après la « fugue » de Jésus adolescent. Etat médiocre (ouverture au centre de la toile).


- dans la nef à droite, une rare représentation de la remise des scapulaires par la Vierge à Saint Simon Stock ; grande composition non signée, de belle facture (milieu XIXème ?). Très bon état.

 

Notre association a contribué à l'achat d'une vitrine destinée aux expositions temporaires organisées en période estivale par les Pénitents.


Mais de lourdes interventions seraient nécessaires : retable, toile de Van Banken...


L'édifice est actuellement propriété du diocèse.


Chapelle des Pénitents Blancs (place Pie)


L'acte de fondation conservé dans les archives de la Confrérie est datée de 1507. L'évêque est alors un ancien dominicain, ordre né pour éradiquer l'hérésie cathare, et naturellement réactivé lors de l'émergence du protestantisme très présent à proximité du nord Comtat. Les références à Saint Dominique sont nombreuses dans la chapelle ; cet édifice succède à un premier incendié par les huguenots (friches au nord de l'église).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle des Pénitents Blancs

Dès l'entrée on perçoit une opulence certaine : grille monumentale (datée de 1769) de très belle facture, haut mur de clôture, vaste espace vert au centre de la cité ; le recrutement est différent de celui des Noirs. Curieusement, l'aspect extérieur de la chapelle se veut modeste, peut-être pour accentuer le contraste avec l'intérieur.


En effet, dès l'entrée on est frappé par la munificence du décor (fin XVIIème) : plafond à caissons en bois peint, trompe l’œil (partie supérieure des murs, arcs doubleaux), lambris et stalles latérales en noyer, autel et gloire dorés : c'est l'édifice majeur de la ville en matière artistique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérieur de la Chapelle des Pénitents Blancs

 

 

Cette nef est précédée d'un vestibule ou antéchapelle caractéristique des chapelles de Pénitents ; les deux parties étant séparées par une grille.


Depuis quelques décennies la Mairie est devenue propriétaire de l'ensemble par donation par les descendants de la famille qui l'avait acquis au cours de la période révolutionnaire.

L'emplacement actuel est le 3ème depuis la fondation de la Confrérie, sous l'égide des franciscains (Cordeliers) dont ils adoptèrent la couleur noire de leur robe. Les deux premières chapelles étaient situées dans le périmètre du couvent : la première, trop petite a été transférée dans le réfectoire ; puis celle-ci vendue et démolie lors de la Révolution (voir plan détaillé des Cordeliers, chapelle colorée en bleu).


Après cet épisode tragique, les Pénitents Noirs se sont installés dans leur chapelle actuelle d'où les Ursulines avaient été chassées dans la tourmente (édifice conventuel basique, milieu du XVIIème).


Seul vestige de l'avant-dernier édifice : un tronc en pierre replacé en façade, à droite du portail ; on peut encore y déchiffrer l'inscription « Tronc pour les pauvres prisonniers... ».

Chapelle des Pénitents Noirs

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