L'Urbanisme à Valréas

Valréas a une histoire riche, en grande partie liée à son histoire au sein de l’Enclaves des Papes, depuis 1317 jusqu’à la Révolution. De nombreux édifices religieux, des hôtels particuliers, des éléments de défense de la ville encore visibles, des bâtiments témoins d’activités économiques, c’est tout un patrimoine historique que nous voulons faire découvrir à tous, et contribuer à sauvegarder ou embellir

Valréas a un très beau centre-ville ancien typique des villes du sud-est par sa forme concentrique et sa situation en haut d’une colline. L’habitat est très ancien, beaucoup de maisons et hôtels particuliers datant de la Renaissance ou du 18ème siècle. Le temps a passé et aujourd’hui ce vieux centre a besoin d’être restauré et mis en valeur.


Aussi notre association a notamment pour but :
         - D’ encourager et aider les propriétaires de maisons du centre-ville à restaurer leurs maisons selon les règles de l’art
         - De convaincre les élus de la ville à prendre une politique favorable au patrimoine, en créant une SPR (Sites Patrimoniaux

           Remarquables) : loi qui aide à la restauration de bâtiments par une fiscalité favorable
         - De convaincre la ville d’enterrer les réseaux
         - D’ encourager le « verdissement » de la vieille ville
         - De rester vigilant sur les travaux du centre-ville pour qu’ils soient conformes à la réglementation

Voici des exemples de belles restaurations effectuées Grande Rue.

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Hôtel d'Inguimbert

Hôtel de Bruges

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Hôtel d'Aultane

15 siècles d'urbanisme à Valréas

De l'époque romaine, il ne reste que quelques traces de fermes (villas) en campagne et un peu de matériel présenté dans les salles d'archéologie, Espace Jean Duffard , cours Victor Hugo à Valréas.


Dès le Moyen-Age, la ville s'est développée sur l'un des 2 promontoires jumeaux : le plus important l'a emporté sur le moindre qui reçut paradoxalement l'appellation de Piedvaurias, c'est-à-dire sommet de Valréas. Notons que le signification courante
donnée à Piedvaurias est erronée : il ne s'agit pas d'une situation au « pied » de Valréas mais d'un sommet de Valréas.
A partir de cette période, la ville s'est dotée de 4 enceintes successives circulaires et concentriques autour du point culminant (voir plan de Valréas ci-dessous).

Plan de Valréas ( 1 ) enceintes successives, hôtels pareticuliers, édifices religieux-1.pn
Légende accompagnant le Plan de Valréas (2 )-1.png
Plan de Valréas, extrait de "Enclave des Papes, une longue histoire 1317-2017

La première correspondait aux murailles du Castrum des Ripert, une des nombreuses familles qui se partageaient le territoire. Il reste un fragment de la base de l'enceinte dans le jardin de la chapelle des Pénitents Blancs : il est caractéristique par le fruit (plan incliné à la base) qu'il présente encore. Le vestige le plus imposant est le donjon carré du XII ème siècle, quasiment intact (17x7 m, murs de 2 m d'épaisseur), dit Tour Ripert. A noter que ce donjon se visite : à son sommet, très beau point de vue sur Valréas. Il est surmonté d'un clocheton qui rythmait la vie des habitants; sa base servait de citerne.

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Remparts Ripert

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Tour Ripert

A proximité, un puits permettait de supporter un siège mais surtout, donnait accès à un des nombreux souterrains (certains sont encore visibles) qui permettaient aux Valréassiens de rejoindre la campagne pour échapper aux assaillants (voir photo ci-contre).


De la deuxième enceinte, à peine plus développée, ne subsiste plus qu'une rue bordée de quelques façades dégradées d'hôtels particuliers datant du XIVème et XVème siècles (voir plan de Valréas).

 

La troisième enceinte a laissé place, elle aussi, à des artères de circulation dont la partie ouest était la plus prisée, donc plus prestigieuse : on lui a donné par la suite le nom de Grande Rue. Elle était bordée d'échoppes mais surtout d'hôtels particuliers édifiés et occupés par la vieille noblesse locale et par un grand nombre de fonctionnaires pontificaux, d'hommes de robe. Valréas était une des 3 capitales du Comtat Venaissin. Plus de 20 de ces hôtels ont été répertoriés dont la plupart ont conservé des éléments de façade (photos avec vignettes). Une façade médiévale mérite l'attention avec ses corbeaux alignés : elle est l'unique vestige du Château Dauphin du nom d'un des anciens co-seigneurs de Valréas (E- Fort Dauphin). Lorsque la ville devint pontificale, le bâtiment est intégré dans la 1ère tranche de travaux de construction des remparts lancée par le Pape Innocent VI. Ce Château Dauphin devint tout naturellement le siège de la nouvelle administration pontificale.

 

A l'intérieur de cette 3ème enceinte, on trouve aussi de nombreux « soustets », spécificité valréasssienne - une vingtaine recensés – qui ne sont pas des passages couverts (trop courts) mais une solution locale à la crise du logement : 2 voisins en vis-à-vis se mettaient d'accord pour relier leur logement par-dessus la rue et se partager ainsi l'espace gagné (voir photos ci-dessous).

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Une quatrième et dernière enceinte, polygonale celle-ci, ménageait entre les deux dernières enceintes de vastes espaces verts pour les hôtels, espaces rarement conservés. Ici, on découvre que l'espace vert conservé derrière cette porte (voir photo ci-contre), est un cloître, le cloître des Cordeliers.

Cette dernière enceinte édifiée par les Papes dès le XIVème siècle, longue de 1,5 km, était ponctuée de 17 tours, et même 22 si on compte 1 pour chacune des 5 portes. Il ne reste qu'un vestige réduit de ces remparts et de ces tours, seule subsiste aujourd'hui, celle du Tivoli. Crénelée et munie de mâchicoulis, elle était traversée par le chemin de ronde qui surmontait la muraille. Subsistent encore les 2 portes qui assuraient le passage pour traverser la tour. Nous avons là une idée de sa hauteur, entre 5 et 8 m. De part et d'autre de la tour, l'amorce de la muraille nous renseigne sur son épaisseur et sa composition.

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Vestige de la quatrième enceinte

Tour du Tivoli

L'enceinte était percée de 5 portes correspondant aux principales routes qui desservaient la ville (voir plan de Valréas). Elle surmontait un fossé sec, sauf à l'ouest où il servait d'exutoire à un canal qui alimentait un moulin derrière les remparts – en cas de siège - avant d'aller arroser des jardins à l'extérieur. La meule est encore partiellement visible à la base d'une habitation au début de la rue de l'Ecluse (voir photo ci-contre).


Ces fossés furent comblés et laissèrent place à de vastes promenades – mails – plantées de platanes, salutaires par les grandes chaleurs méridionales.

Les promenades furent rapidement bordées au XIXème siècle, surtout à l'extérieur, d'habitations bourgeoises aux façades caractéristiques, mais aussi d'usines elles aussi bien typées, en cette période de grande effervescence industrielle. Nous constatons le même phénomène le long des faubourgs où l'on peut également percevoir une influence « Arts déco » (voir photos ci-dessous).

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