Château de Simiane

RAPPEL HISTORIQUE

 

L'Hôtel de Simiane est érigé sur les vestiges d'une ancienne demeure seigneuriale qui aurait été construite par la famille des Montauban au XIIIème siècle. Hugues Aymeric fit construire au XIVème siècle les 2 corps de bâtiment encore visibles le long de la rue de l'Hôtel de Ville. La famille des Claret de Truchenu , ancêtres de la branche valréassienne des Simiane, fait édifier en 1446 l'ensemble des bâtiments qui enjambait la rue de l'Hôtel de Ville actuelle sur la voûte gothique qui subsiste encore et qui était l 'entrée principale. Peu de traces cependant des travaux réalisés aux XVème et XVIème siècles.

 

L'édifice actuel qui est une extension et une modification du premier bâtiment, a été bâti en 1639-1640 sur les plans de l'architecte François Royer de la Valfenière (architecte avignonnais dont le nom est lié à tous les grands chantiers en Avignon et dans le Comtat Venaissin) pour Louis de Simiane et Louise de Monteynard son épouse. Plusieurs enfants y sont nés dont Louis de Simiane (3ème du nom) en 1671 qui épouse en 1695 Pauline Adhémar de Monteil, petite -fille de la célèbre épistolière Madame de Sévigné. A noter que c'est Pauline qui a eu le mérite de faire éditer de nombreuses lettres de sa grand-mère afin de faire connaître son œuvre à la postérité. Le jeune couple s'installe dans cette magnifique demeure, avec un jardin à la française orné d'ormes, qui va devenir le rendez-vous régional d'une noblesse élégante et cultivée attirée par les fêtes et les soirées brillantes données par les jeunes époux. Par la suite, Louis et Pauline iront vivre à Paris.


Ce n'est qu'en 1780 que la symétrie de la composition fut parachevée avec le remplacement d'un vieux bâtiment par l'aile sud, œuvre de Jean-Baptiste Franque autre architecte avignonnais. Cet architecte a sans doute fait le voyage en Italie comme son
prédécesseur ; pour effectuer ces modifications, on peut penser qu'il s'est inspiré du Palais Barberini à Rome ? La ressemblance est réelle mais avec des dimensions bien différentes (voir photos et plan).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais Barberini - Rome

Au XIXème siècle sa destination change : le Château de Simiane acquis par une société valréassienne le 15 juillet 1823 est alors loué pour être une école communale, un collège, le siège de la Justice de Paix et l'Hôtel de Ville. En 1843, la Ville de Valréas acquiert, avec l'autorisation du Roi Louis Philippe, cette demeure qui ne deviendra vraiment Hôtel de Ville qu'en 1890 et Bureau de Poste. En 1896, le collège pour des raisons pratiques, est transféré dans les nouveaux locaux de « l'Ecole Supérieure » (Cours Victor Hugo) et l'école communale vers l'école Jules Ferry en 1910. C'est en 1913 que le Château de Simiane est classé Monument Historique.

VISITE INTERIEURE

Au centre, le corps principal de l'Hôtel occupe toute la largeur du terrain. Ses 2 ailes en retour encadrent la cour d'honneur. L'inspiration romaine dans son architecture ne fait pas de doute comme évoquée précédemment. Les fenêtres des façades étaient d'ailleurs à cette époque dites « à la romaine » . L'escalier central , couronné par un belvédère, conduit à la galerie du 1er et du 2ème étage.

Au rez-de-chaussée, le portique ouvre au sud sur la salle basse de l'aile médiévale et au nord sur un escalier ajouté au XIXème siècle qui séparait la cuisine et ses annexes.

Au 1er étage , au fond de la galerie, à droite, on peut admirer le Grand Salon de réception qui possède un remarquable plafond peint des XVème et XVIIème siècles . Cette salle n'a guère changé depuis son réaménagement vers 1639 pour le mariage de Louis II de Simiane avec Louise de Monteynard. La frise de la salle est la seule œuvre qui soit conservée. Elle célèbre cette union avec verdeur dans le plus grand des cartouches, au-dessus duquel deux putti (anges) portent les armoiries des époux.

Cette salle ouvre sur le petit oratoire de Pauline, chapelle couverte d'une coupole en gypserie mais aussi sur la bibliothèque qui renferme un grand nombre de volumes anciens dont des incunables. Les portes des placards du XVIIIème siècle proviennent de l'ancienne pharmacie de l'hôpital, lors de sa restauration en 1934.
Au 2ème étage, c'est la charpente en châtaignier, en partie du XIVème siècle, de la salle SCHARF qui retient d'abord l'attention. Cette salle est dédiée au peintre autrichien Victor Scharf qui avait épousé une Valréassienne et qui meurt à Valréas en 1943. Leur fille madame Cushmann, vivant aux Etats Unis, lègue à la ville de Valréas mobilier et tableaux appartenant à la famille qui sont conservés ici.
Dans cette salle , on peut accéder à la voûte gothique qui enjambe la rue de l'Hôtel de Ville.


La Château de Simiane est dorénavant un musée ouvert toute l'année. On peut admirer la chambre de Pauline reconstituée. Il accueille aussi une quarantaine de maquettes, réalisées par Jean-Claude Vangierdegom, représentant les principaux édifices patrimoniaux de l'Enclave et de Grignan.

Légende et explications du plan du château de Simiane

Document tiré d'un fascicule gratuit offert aux visiteurs par l'OTSI de Valréas (n.d. années 1980 / 90 ?)

 

Il s'agit du plan du rez-de-chaussée.

 


Légende augmentée :


- bleu-violet (de « a » à « l ») : noyau médiéval (période féodale) : « f » à « l » logis principal ; « a » à « c », dépendances ; « d », « basse-cour » avec son unique entrée (poterne rue Saint-Anne).


- rouge (de « a » (cour est) à « e » et de « o » à « e », agrandissements de la première moitié du XVII ème siècle sous la conduite principalement du célèbre architecte comtadin de Royer de la Valfenière : plaquage sur le bâtiment médiéval d'une seconde structure « Grand Siècle » (Grignan, Versailles... : galerie ouverte au sol, galeries fermées aux 2 niveaux supérieurs). Escalier intérieur monumental.

Agrandissement des ouvertures dans la partie médiévale, écrêtage du donjon.
Aménagements des jardins : parterre à la française (« y »), bassin (« z »), jardin suspendu (« x »).


- orange : parachèvement, plus d'un siècle plus tard, en 1780, du projet initial, avec la construction de l'aile sud qui aboutit à une symétrie parfaite du nouveau bâtiment. Des écuries (« i, j k », commerces actuels) étaient peut-être situées à la place de cette aile sud.

 

Remarques :

- à l'est, le parc était clos : la rue Saint-François (actuelle rue Pasteur) débouchait sur 2 rues perpendiculaires : au nord, la rue du Plan des Pénilles (actuelle rue de l'Horloge), au sud sur la rue de l'Hospice (actuelle rue Jules Niel).


- au sud et au sud-ouest, la rue Sainte-Anne (actuelle rue de l'Hôtel de Ville) s'arrêtait bien avant la Planète (contrairement à 1841, date du plan), à la limite entre la partie médiévale et la partie XVIIème ; une seconde poterne, toujours en place, permettait certainement l'accès aux écuries situées peut-être à l'emplacement de l'aile sud. Les rues du Portalon (même nom de nos jours), et Sainte-Anne étaient donc des culs-de-sac.

Vocabulaire :


- plan signifiait plat et planète petit espace plat (Valréas est sur un promontoire, les zones plates
sont rares...!).


- portalon signifiait la grosse porte ; aujourd'hui disparue, mais peut-être la plus grande de par sa
proximité avec le château.

- pénilles serait lié aux étoffes grossières, à la charpie (proximité de l'hospice) ? Ou bien aux

travaux pénibles

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