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Personnalités Valréassiennes méconnues 

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Auguste Louis-Marie Bonifacy

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Auguste Louis-Marie Bonifacy est né le 06 avril 1856 à  Valréas au 33  de la Grand-Place (actuelle place Waldeck-Rousseau), où son père Joseph Louis exerçait la profession d’horloger  (l’immeuble n’a pu être localisé avec précision) ; sa mère était née Louise Augustine Saussade. Ses parents lui donnent une solide éducation chrétienne.

 

          Après ses études secondaires, le jeune Bonifacy se destine à la carrière militaire en s’engageant à 18 ans  dans l’infanterie. Rapidement sous-officier, il intègre l’école militaire de Saint-Maixent (1881,il a 25 ans) dont il sort parmi les premiers. En cette période de pleine expansion coloniale, il choisit l’infanterie de marine et sert successivement en Guyane, aux Antilles, puis avec le grade de capitaine obtenu en 1893 (27 ans) en Indochine (1894).

 

          C’est dans cette colonie, et plus précisément dans la province du Tonkin, que le brillant officier va pouvoir pleinement exercer ses talents d’administrateur. Il va en premier libérer le territoire des nombreux pirates qui oppriment les populations civiles; il va ainsi s’attirer la sympathie des populations indigènes dont il se met à étudier, les langues, les coutumes et l’histoire. Son attachement à ces populations l’amènera à épouser une annamite avec qui il aura une descendance encore représentée de nos jours.

 

          Ses méthodes de proximité et de respect vis à vis des autochtones, son profond humanisme, font de lui un précurseur et une exception parmi les administrateurs coloniaux de son temps ; elles se généraliseront lentement par la suite.

 

          Sa carrière militaire s’achève en avril 1914 (limite d’âge) avec le grade de lieutenant-colonel, et le retraité choisit de s’installer à Hanoï, où il continue à s’intéresser à l’ethnologie indochinoise ; les très nombreuses études et monographies qu’il a laissées sur ce sujet font encore autorité, un siècle plus tard. Il est membre de diverses sociétés d’histoire de métropole dont il devient correspondant et donne des cours à l’Université Indochinoise.

 

          Pour autant, Auguste Bonifacy ne se coupe pas de la communauté européenne installée en Indochine : il devient rédacteur du journal local « l’Avenir du Tonkin » et conseiller municipal de Hanoï, mais il s’occupe surtout de sociétés de bienfaisance en faveur des populations locales qui l’ont familièrement et élogieusement surnommé « le bon colonel ».

 

          Rien que cela suffirait à faire de ce valréassien une personnalité hors pair ; mais notre compatriote n’a rien renié de sa petite patrie et de sa culture : il continue à manier avec la même délectation la langue de Virgile et celle de Mistral (la bibliothèque de Hanoï conserve curieusement un fonds en provençal dont il est à l’origine). Ses fréquents séjours à Valréas seront pour lui l’occasion de mettre son érudition et ses qualités intellectuelles au service de l’histoire locale : il va consacrer de longues journées à dépouiller les archives de Valréas, notamment les délibérations consulaires dont il va tirer un premier ouvrage  en 1929 : « Valréas…de l’origine à 1317 » (acquisition par les papes). Cette centaine de pages constitue la première histoire rigoureuse de notre cité ; on ne peut que déplorer qu’Auguste Louis-Marie Bonifacy n’ait pas eu le temps de donner une suite à cette remarquable étude.

 

          Voici ce qu’écrit l’auteur dans la préface de cet ouvrage devenu introuvable et qui mériterait une réédition :

 

 « …Lors de mes séjours à Valréas, alors que je me reposais de mes longues stations aux colonies, j’éprouvais un vif plaisir à compulser nos archives, à m’absorber dans les souvenirs du passé qu’elles éveillaient. Je m’étonnais de voir mes compatriotes ignorer complètement l’histoire de leur pays, le rôle important qu’il a joué dans celle du Comtat ; c’est surtout pour eux que j’ai voulu résumer mes observations et essayer de présenter un tableau fidèle de la vie de leurs ancêtres. Mais il m’a semblé qu’il n’était pas possible de retracer la vie d’une cité sans parler en même temps du milieu où se passait cette vie ; c’est ce qui m’a amené à m’occuper de l’histoire du Comtat et des parties de l’ancien marquisat de Provence…J’ai dû, pour cela, comme pour l’histoire particulière de Valréas, consulter beaucoup de documents et d’ouvrages et cette recherche continue, mais pressé par l’âge, je dois me décider à parfaire mon travail, me réservant de donner, après l’avoir terminé un addendum  comprenant les faits nouveaux, les éclaircissements qui seraient venus à ma connaissance… »

 

Une dizaine de cahiers de ses notes manuscrites attendent d’être publiées ou pour le moins exploitées.

 

Le lieutenant-colonel Bonifacy, s’est éteint deux ans plus tard, en 1931,  à l’âge de 75 ans.

                                                                                                                                                                                                          HV sept 2010

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Auguste Louis-Marie Bonifacy

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Cet illustre inconnu, Auguste Bonifacy, un Valréassien militaire, linguiste, ethnologue au Tonkin entre 1894 et 1931

 

          Auguste Bonifacy est né à Valréas en 1856. Il y passe son certificat d’études, et parallèlement grâce à son éducation religieuse, il acquiert une connaissance du latin remarquable. Refusant de devenir horloger comme son père, il s’engage à 18 ans dans l’Infanterie.

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          Diplômé de l’École Militaire d’Infanterie, il est nommé ensuite en tant que Sous-Lieutenant à Toulouse où s’offre à lui la chance de sa vie. Cette chance s’incarne dans son supérieur, le Capitaine Picquart. Tous deux passionnés par les langues et l’aventure au loin, ils se lient d’une amitié qui durera toute leur vie. Or le Capitaine Picquart revient du Tonkin (Nord du Vietnam actuel).

          En 1895 devenu Lieutenant-Colonel, Picquart, en raison de son soutien courageux au Capitaine Dreyfus, accusé à tort de trahison, connaîtra les jours sombres de la disgrâce jusqu'en 1903 où il sera réhabilité avec le grade de Général de Brigade, et deviendra même ministre de la Guerre. Ces graves événements subis par Picquart n'auront non seulement aucune incidence sur la carrière de Bonifacy mais la promotion du Général Picquart contribuera au contraire à pérenniser les activités de Bonifacy au Tonkin. Grâce à son appui, le Sous-Lieutenant Bonifacy obtient son admission dans l'Infanterie de Marine, puis, après un temps envoyé en Guyane, il est nommé à Saïgon en 1894.

           Quand Bonifacy arrive au Tonkin, en dehors de ses activités militaires, il se passionne pour la connaissance de toutes ces ethnies, leurs langages, leurs cultures. En l’espace de quelques années, il parlera 12 langues. Une autre chance aussi pour Bonifacy, c’est la création en 1898 de l’École Française d’Extrême-Orient, avec un premier Congrès International des Orientalistes, qui se tient justement à Hanoï.Depuis la création des Écoles Françaises d'Athènes (1846) et du Caire (1880), s’opère une véritable révolution scientifique dans la prise de données lors des « terrains d’étude ». En effet l’année 1900 représente l’époque charnière pour l’élaboration des fondements scientifiques des sciences humaines, notamment au niveau des méthodes de recueil de données. Bonifacy est ainsi initié aux méthodes de Marcel Mauss pour la récolte de données en ethnologie.

              De la sorte il deviendra le correspondant scientifique de l’École Française d’Extrême-Orient, et autres instituts savants en France. Il publiera de nombreux articles scientifiques, participera aux Expositions Universelles de Marseille, Londres et Bruxelles, où il recevra 3 médailles d’Or. Chevalier puis Officier de la Légion d’Honneur, il poursuivra toute sa vie la découverte du Tonkin dans tous les domaines.

             Sa carrière militaire qu’il effectuera presque intégralement au Tonkin, en s’immergeant totalement dans ce pays qu’il avait fait sien, lui permit de développer des compétences scientifiques en linguistique, en ethnologie, en anthropologie, en archéologie, en histoire, en entomologie (il découvrira deux insectes qui portent son nom), en art traditionnel annamite (vietnamien). Il publiera 159 études, répartis en 333 articles. L’ouvrage qui consacrera sa renommée, Les Groupes ethniques de la Rivière Claire, paraîtra en 1907 sous l’égide des Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris.

              Mais homme d’action, pendant ses séjours à Valréas, il entreprend un très gros travail de lecture, commentaire et synthèse des délibérations consulaires de Valréas (10 cahiers de notes manuscrites), ce qui donnera lieu à un ouvrage paru en 1929 : Valréas, le Peuple, les Seigneurs, l'Université, de l'origine à 1317, première étude historique de la ville.

              Par ailleurs il saura faire preuve au Tonkin d’un humanisme manifeste en osant dans ses écrits à sa hiérarchie, prendre le parti des ethnies contre les militaires, dénonçant les abus réalisés par les troupes et le système colonial. S’il ne remet jamais en cause le colonialisme, il le veut dans une réciprocité des savoirs, dans une mission de transfert des bienfaits de la civilisation française vers les populations indochinoises, dans le respect des autres cultures et de l’humanité.

              Vivant avec une Annamite, en 1909 naîtra Anne-Marie à Hanoï. Après des études classiques jusqu’au bac, elle rencontrera son mari Léopold Henri Plumet, inspecteur d’école primaire, au sein de l’Association des Provençaux du Tonkin présidée par son père. Avec son mari, elle restera au Vietnam jusqu’à l’indépendance, puis en Afrique. Elle décédera à 100 ans à Valréas en 2009.

              Resté toute sa carrière militaire au Tonkin, grâce à l’appui du Lieutenant-Colonel puis Général de Brigade Picquart, Bonifacy passera sa retraite à Hanoï, il deviendra enseignant à l’Université de Hanoï, et autres écoles supérieures, il collectionnera des chroniques dans plusieurs journaux locaux dont l’Éveil Économique, continuera à publier dans plusieurs journaux scientifiques français, sera conseiller municipal, conseiller militaire, défendra des causes humanitaires, telle celle désastreuse des métis, participera à la Commission des Antiquités du Tonkin. Au terme d’une longue, fructueuse et généreuse carrière,

               Auguste Bonifacy décèdera en 1931 à Hanoï, et y sera inhumé. Avec des milliers de soldats morts en Indochine, il sera finalement inhumé au Cimetière des Guerres en Indochine à Fréjus.

 

Geneviève Caelen-Haumont, Directrice de recherches CNRS honoraire. Le 18 mai 2026

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